Source: email fwd
Date: 4 août 2009
A diffuser dans vos réseaux si vous le voulez:

Mohamed Cherfi
Montréal, 4 août 2009.
Bonjour, Vous avez peut-être déjà entendu dans les médias une très bonne nouvelle à laquelle vous -- individu, groupe communautaire, syndicat, église, collectif -- avez contribué par votre solidarité : Mohamed Cherfi vient de rentrer au Québec avec en main son droit de résidence permanente, émis par les autorités canadiennes.
Il aura fallu PLUS DE CINQ ANS pour arriver à cela, depuis la violation du sanctuaire de l’Église unie St-Pierre, l’arrestation de Mohamed (sans respect des garanties juridiques) et sa déportation illico aux États-Unis le 5 mars 2004 ! Rappelons, car il est impossible de l’oublier, que durant ces cinq longues années, Mohamed a d’abord été emprisonné pendant 16 mois dans l’un des odieux centres de détention pour immigrants et immigrantes, celui de Batavia, près de Buffalo. C’est de là qu’il a déposé une nouvelle demande de résidence permanente au Canada. Puis il s’est vu reconnaître le refuge politique par le tribunal d’appel états-unien de l’immigration et a été libéré en juillet 2005. Un mois plus tard, le gouvernement du Québec le sélectionnait comme immigrant sur une base humanitaire (catégorie « personne en situation de détresse »). Malheureusement, la dernière étape de la demande de résidence traitée par les autorités canadiennes, qui comprenait une enquête de sécurité, a pris trois ans alors que les statistiques indiquent une moyenne de sept mois pour les personnes, comme lui, sélectionnées par Québec.
Nous sommes conscient et consciente que, sans l’immense mouvement de solidarité qui s’est manifesté envers nous immédiatement après la violation du sanctuaire et par la suite, la victoire que constitue le retour de Mohamed au Québec n’aurait pas été possible. Nous voulons vous remercier de tout notre cœur pour avoir fait partie de ce vaste mouvement en posant des gestes de solidarité à un moment ou un autre, que ce soit d’avoir contacté les autorités pour protester, avoir manifesté dans la rue, avoir sensibilisé les gens à notre situation, nous avoir apporté un soutien moral et politique, avoir parrainé la demande de Mohamed ou l’avoir défendu à titre d’avocat, avoir signé ou fait signer des déclarations, avoir donné ou récolté de l’argent pour le Fonds Mohamed Cherfi ou toute autre action de solidarité.
Le retour de Mohamed n’aurait pu être possible non plus sans le soutien éclairé, courageux et constant des membres du Comité de solidarité avec Mohamed Cherfi, basé à Québec, et de celui de Gérald Doré, alors pasteur de l’Église unie St-Pierre, avec l’appui de la paroisse. Soulignons aussi notre reconnaissance envers la Ligue des droits et libertés qui a, elle aussi, su discerner les enjeux de la situation en appuyant Mohamed dans le cadre de sa campagne pour les libertés civiles.
Le retour de Mohamed constitue en effet une victoire de la solidarité face aux tentatives d’amputer les libertés civiles et d’autres droits universels si durement acquis par les peuples des générations passées. Mohamed, qui était porte-parole du Comité d’action des sans-statut d’origine algérienne, a subi la répression de l’État et a été diabolisé parce qu’il revendiquait la justice et la dignité et exerçait la liberté d’association et la liberté d’expression. Ces libertés civiles reconnues dans les conventions internationales sont pourtant censées s’appliquer à tout être humain sans égard à son statut d’immigration, à son origine nationale, à sa religion entre autres.
Merci d’avoir compris que les atteintes aux droits des personnes réfugiées, migrantes et immigrantes, qui se multiplient (loi C-50, rafles, levée de moratoires, exclusion de demandeurs d’asile, etc.), ainsi que leurs résistances et leurs luttes nous concernent tous et toutes.
Merci d’avoir été là.
Mohamed Cherfi et Louise Boivin














