Le cas Charkaoui: Une procédure contraire aux regles de justice fondamentale

COMMUNIQUE DE PRESSE

Le cas Charkaoui: Une procédure contraire aux r&egrace;gles de justice fondamentale

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Montréal le 27 mai 2003. La Ligue des droits et libertés, Amnistie Internationale au Canada, l'association américaine de juristes et la Coalition pour la surveillance internationale des libertés civiles dénoncent le fait que le gouvernement canadien ait eu recours un "certificat de sécurité" pour arrêter et détenir Adil Charkaoui, un résident permanent age de 30 ans. Ce processus extraordinaire de la Loi sur l'immigration et la protection des réfugiés a, sous le couvert de la protection de la sécurité nationale, des conséquences pour le moins dramatiques sur les droits et libertés.

En effet, en vertu d'un certificat de sécurité, une personne peut &egrace;tre arr&egrace;tée et détenue sans &egrace;tre accusée d'aucune infraction. Son avocat(e) ne connait pas les allégations précises et n'a pas acc&egrace;s l'ensemble de la preuve qui p&egrace;se contre elle, mais seulement un résumé de la preuve qui constitue, en somme, une interprétation des faits. Les renseignements utilisés contre elle peuvent m&egrace;me provenir d'un état étranger sous le sceau du secret. Le juge examine les documents du Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS) sur lesquels s'appuie le certificat et ça décision, qui sera finale et sans appel, ne portera que sur le caract&egrace;re raisonnable des faits allégués plutout que sur leur véracité. Si le juge valide le certificat de sécurité, la personne sera expulsée. Pour illustrer les errements de ces procédures, rappelons-nous le ças du réfugié politique salvadorien Victor Regalado, frappé en 1982 d'un certificat de sécurité et qui a lutté pendant 14 années pour réussir démentir les soupçons qui pesaient contre lui.

Le procédure appliquée dans le ças d'un certificat de sécurité est contraire aux r&egrace;gles de justice fondamentale. Lors d'une tel processus judiciaire, les audiences huis-clos traitent d'une preuve secrete alors que les plaidoiries des procureurs du minist&egrace;re sont entendues en l'absence de l'avoçat de la personne visée: il est alors pratiquement impossible de confronter les versions des témoins et de vérifier la fiabilité et la véracité des éléments de preuve sur lesquels s'appuie le certificat. L'équité d'un processus judiciaire et le droit d'une défense pleine et enti&egrace;re sont des principes de justice fondamentale: il s'agit d'un rempart nécessaire contre l'arbitraire, les r&egrace;glements de compte de gouvernements étrangers envers un réfugié politique et le danger d'erreurs judiciaires. Lorsqu'un réfugié ou un immigrant est privé d'un processus judiciaire équitable et est déporté cause d'allégations secr&egrace;tes, cela peut signifier pour lui l'incarcération dans son pays d'origine, de m&egrace;me que la torture ou la mort.

La Ligue des droits et libertés
Amnistie Internationale au Canada
l'Association américaine de juristes, et
la Coalition pour la surveillance internationale des libertés civiles

dénoncent l'utilisation d'un certificat de sécurité qui permet toutes fins pratiques la tenue d'un proces secret lors duquel le juge entend la preuve sans la présence de l'avocat de la personne concernée et la prive d'une véritable protection de ses droits fondamentaux, dont le droit A une défense pleine et enti&egrace;re.

Informations:
Genevi&egrace;ve Hénaire, resp. des communications,
Ligue des droits et libertés
Tél.: 514-849-7717
communication@liguedesdroits.ca


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